NaNoWriMo : mon expérience en 2016 et mon objectif de 2017

On ne le présente plus, ou bien peut-être encore un peu, et il devient de plus en plus difficile chaque année, à l’approche du mois de novembre, d’échapper à cette question : et toi, tu fais le NaNo ?

Mais alors, le NaNoWriMo (National Novel Writing Month), qu’est-ce que c’est ?

Ce n’est pas un programme minceur, ça non, mais c’est un programme d’écriture qui a maintenant acquis une réputation internationale et qui se déroule annuellement du 1er au 30 novembre. Le nœud de ce programme repose sur un objectif concret et quantifiable : écrire 50.000 mots en un mois (soit un quota journalier d’environ 1667 mots).

On comprend dès lors que le NaNo est avant tout un challenge dans lequel on s’engage au côté de milliers d’autres auteurs de tous horizons. Un challenge, et non un concours cependant, car même s’il est possible de suivre la progression de chaque participant, et même si la pratique des Word Wars* y est omniprésente, il s’agit avant tout de l’emporter face à soi-même, et pour soi-même. Ce n’est pas une course de vitesse ou de performance, mais bien un défi que l’on s’adresse et où l’important est d’écrire son roman.

* Les Word Wars sont des rencontres, virtuelles comme présentielles, où le but est d'écrire le plus de mots possibles dans un temps imparti. Traditionnellement, celui ou celle qui écrit le plus de mots vis-à-vis des autres participants remporte la Word War, mais là encore, ça ne veut pas dire grand chose : l'essentiel c'est de se motiver ensemble à écrire chacun pour soi.

Le NaNo, pas pour moi ?

La première fois que j’ai tenté (et remporté !) le NaNo, c’était l’année dernière, en 2016, mais je connaissais l’existence de ce challenge d’écriture depuis bien des années. J’ai dû en entendre parler pour la première fois en 2010, et la première chose que j’ai pensé en prenant connaissance de son principe barbare fut : oulah, ce n’est clairement pas fait pour moi !

Ce qui me rebutait, au-delà de cette obligation de résultat, c’était l’obsession quantitative que je voyais triompher dans ce Saint Graal des 50.000 mots. À quoi ça rime, en effet, d’écrire autant en si peu de temps en courant après la quantité au lieu de viser la qualité ? Et quel gâchis si c’était pour arriver à la fin du mois avec une centaine de pages mal écrites et branlantes où tout serait à refaire !

Et pourtant, en novembre 2016, je décidai pour la première fois de tenter l’aventure. La faute, sans doute, à l’effervescence que générait chaque année le NaNo sur le forum où je sévis. Je me suis dit qu’il fallait que je m’accroche à cette dynamique, à cette énergie fourmillante et passionnée. Je me suis donc inscrite sur le site du NaNoWriMo, j’ai indiqué Le Chœur des Oiseaux comme projet sur lequel j’allais travailler et j’ai commencé à (mal) me préparer à l’effort qui m’attendait.

Histoire de ne pas faire les choses à moitié, et de profiter jusqu’au bout de l’expérience communicative du NaNo, je suis allée à la Kick-Off officielle parisienne. Il s’agit de la soirée de lancement du challenge, organisée chaque année par l’équipe du NaNo (et ce dans diverses régions). Si vous vous demandez à quoi peu bien ressembler ce genre de soirée, laissez moi vous en résumer le déroulement : le 31 octobre, de 20h à minuit, on s’installe, on cherche les multi-prises, on amasse la nourriture sur un banquet et les boissons au bar, on découvre nos compagnons d’aventure. Puis, à minuit, le signal est donné, et c’est parti pour une série de Word Wars et de pauses jusqu’à 6h du matin ! Les plus gros dormeurs peuvent apporter sacs de couchage et coussins, les autres tournent toute la nuit au thé, au café, et aux nouilles déshydratées. C’est une expérience très intense, comme vous vous en doutez ! D’autres nuits blanches d’écriture sont organisées tout au long du mois par les organisateurs du NaNo français, ainsi que des après-midi writing. Il est important de s’inscrire, via le site, sur le forum de sa région pour se tenir au courant des diverses activités IRL qui fleurissent et qui sont l’occasion de rencontres stimulantes et chaleureuses.

Je m’étais lancée dans le NaNo avec un objectif personnel de 30.000 mots, pensant que je ne parviendrais pas à atteindre les 50.000 et n’ayant pas envie de me mettre la pression à tout prix. Mais au lendemain de la Kick-off, j’avais pris quatre jours d’avance, et très vite, j’ai compris que je pourrais me booster jusqu’à l’objectif officiel. Et de fait, je l’ai remporté avec une marge confortable !

Cependant, ce fut bien loin d’être aussi simple que ce que laisse paraître ce bref résumé. Le NaNo, c’est très éprouvant. Vous allez avoir des moments de découragement, de doutes, d’échec, des moments de souffrance. En tout cas, moi j’en ai eu. Puis vous allez avoir des moments de grâce, des scènes entières que vous aller vivre avec surprise, excitation, impatience, passion. L’intensité du rythme demandé ne vous laissera pas facilement sortir de votre texte, que ce soit une bonne ou une mauvaise journée.

Capture
Capture de mon tableau de progression

Personnellement, j’ai vécu une grosse passe à vide la deuxième semaine, pour des raisons très « réelles », mais j’ai réussi malgré tout à écrire tous les jours (même si c’était une phrase). En moyenne, cela me prenait une heure et demie pour atteindre le quota journalier que je m’étais fixé en semaine (800 mots par jour) et je reprenais de l’avance le week-end.

J’ai aussi été confrontée au problème que l’on rencontre quand on écrit sans véritable plan et qu’on se met à avancer très très vite : je suis arrivée rapidement à un point où il me fallait du temps pour réfléchir, mais c’était un temps que je n’avais pas, vu qu’il fallait écrire. Concrètement, j’ai écrit trois chapitres à peu près complet pendant le NaNo, et beaucoup de scènes random qui jaillissaient tout à coup et que je déroulais sur trois ou quatre jours (j’écris de très longues scènes huhu ~). Toutes ces scènes auront leur place au final, mais elles n’auront pas étaient écrites dans l’ordre, et leur surgissement aura été l’objet de très nombreuses révélations et questionnements.

Aussi, pour quelqu’un qui ne pensait pas que le NaNo était fait pour elle, je considère cette victoire personnelle comme une expérience très enrichissante, déjà vis-à-vis de ce que je pensais savoir de mon rapport à l’écriture, mais aussi en terme de nouvelles réflexions et surtout d’apport concret : j’ai écrit. Alors oui, c’est du premier jet dans tout ce qu’il y a de plus brut et de plus perfectible. Mais il existe. Et comme jusqu’à preuve du contraire, pour finir un roman, il faut commencer par l’écrire. Je pense qu’il faut s’enlever de la tête qu’écrire beaucoup va nuire à la qualité finale du texte. Ce qui va sortir, c’est la matière, et cette matière est nécessaire pour tailler, détailler, perfectionner le texte qui en restera. Bien sûr, le NaNo ne vous donnera pas votre roman fini, et c’est en vérité la part liea plus facile, écrire le premier jet. C’est le temps béni de la découverte totale, de la liberté exaltante… Pour peu qu’on fasse taire son instance critique pour écrire, créer, produire, ou plutôt extraire cette matière précieuse quoi que tachante que vous portez en vous quand vous portez une idée de roman. Et le NaNo peut aider à cela : dissocier le temps de la critique et celui de la création. Écrire, extraire, se donner au texte et le recevoir : il sera toujours temps de le retravailler, de le réécrire et de le corriger plus tard. Et oui, ça sera douloureux, une vraie plaie, mais bon, au fond, soit on aime ça, soit c’est une nécessité absolue d’écrire un roman, alors on ne va pas sombrer dans le misérabilisme, on va se retrousser les manches, mettre mes mains dedans et on va le faire !

C’est vraiment cette réalité-là que je retire de ma première expérience du NaNoWriMo, et c’est pour cela que je le conseillerai en premier lieu.  Ce n’est pas tant une idée de quantité ni de qualité, c’est une question d’y aller.

Et maintenant ?

NaNo-2017-Participant-BadgeEt maintenant, je resigne pour le NaNo 2017 ~

Je me suis lancée comme challenge personnel de terminer le premier jet de la partie de Léandre dans Le Chœur des Oiseaux pour janvier 2018. Il me reste grosso-modo cinq chapitres à écrire. Je ne suis pas certaine du tout de remplir cet objectif-là, mais quoi qu’il en soit, le NaNo sera une excellente occasion de s’y consacrer avec force et obsession !

 

Et vous ? Avez-vous déjà testé le NaNoWriMo ? Qu’en avait vous retenu ? Vous laisserez-vous tenter cette année ?

Pour ma part, je vous quitte pour me rendre à une soirée Kick-off non officielle cette fois-ci, mais qui inclut une raclette entre amis (je vous dirai si la raclette est vraiment une si bonne idée pour une nuit blanche d’écriture ~). Il va être question pour moi d’avancer mon chapitre six !

 

Crédits images :  NaNoWriMo.org
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4 commentaires sur “NaNoWriMo : mon expérience en 2016 et mon objectif de 2017

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  1. Bon courage pour ton objectif !
    Personnellement, cette année, je tente pour la première fois mais avec un tout petit objectif (5000 mots). La quantité est juste inimaginable pour moi, vu comment je progresse dans mon écriture. Mais ça sera déjà un beau défi d’écrire tous les jours !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ! Déjà si je parviens à boucler deux chapitres, je serai contente de moi, parce qu’à côté je vais avoir pas mal de boulot de rédaction pour la fac et pour mon stage ~
      Bon courage à toi aussi pour ton objectif ! Le but c’est d’avancer, et il faut savoir respecter sa propre temporalité avant tout. Ne pas la laisser s’empatter, mais la comprendre.

      J'aime

  2. Bon courage pour le Nano !
    C’est ma première année même si ça fait un moment que j’y suis inscrite.
    C’est franchement dur et c’est vrai que l’objectif des 50.000 mots m’avait beaucoup rebutée les années précédentes.
    Cette année je me suis lancée en me disant que ça serait un bon moyen de m’habituer à écrire quotidiennement. On dit qu’il faut 21 jours pour se créer une nouvelle habitude. J’espère au moins avoir gagné cela !
    Sinon, c’est cool que tu reprennes le blogging. J’avais longtemps suivi ton skyblog et j’aimais beaucoup ce que tu y postais !
    Bon courage et bonne après midi !

    Aimé par 1 personne

    1. Hey ! Ca me fait plaisir de te retrouver par ici ! J’espère que ton NaNo se passe comme tu veux ? Sur quoi écris-tu en ce moment ?

      Pour moi, je dois bien avouer que ce NaNo ressemble à ce que je craignais : je n’ai pas réussi à reprendre le défi au sérieux, et surtout je me rends compte de la difficulté que représentent 1667 mots par jour quand on écrit avec un personnage très lent. Novembre n’étant pas la période de l’année où j’ai le plus de temps, je me contente d’écrire un peu tous les jours. Au moins, j’avance, à mon rythme 🙂

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